C’était en janvier. Rendez-vous au CEPROC, le Centre européen des professions culinaires, situé dans le 19e arrondissement de Paris. Une femme nous re?oit, elle nous guidera durant toute la visite. Elle nous donne à chacun une blouse blanche, qui ressemble étrangement à un sac poubelle (matière plastique), avec deux trous pour mettre nos bras. Pourquoi revêtir cette horreur ? Parce que nous allons pénétrer dans les laboratoires et il ne faudrait pas que nous ramenions nos microbes en cuisine ! Du baba cool à l’intello, en passant par la fashion-victime, aucun de nous n’est épargné : tous à égalité.
Si notre look n’est pas très mode, les locaux, eux, sont dernier cri ! Notre guide, un peu sévère sur les bords, nous explique que les élèves sont ici en alternance (école/entreprise). Direction le premier étage, celui des patissiers. Puis visite d’une salle de cours : à la place d’un tableau, il y a un plan de travail en inox, un évier, une gazinière… La salle est aussi équipée de plusieurs miroirs au plafond et sur les murs, pour faire en sorte que les élèves voient de leur place les démonstrations du prof.
Nous voici enfin dans les cuisines ultramodernes, face à des jeunes qui portent tous une toque et un ensemble blanc. Une recette est inscrite sur un tableau et en un temps limité ils doivent la réaliser. Au menu, un dessert glacé. Un quart d’heure plus tard nous sommes chez les traiteurs. Nous apprenons que les plats con?us par les élèves seront mangés à la cantine par eux.
Avant de partir nous passons par le restaurant de l’école, où d’autres apprentis s’initient aux métiers de serveur, barman… Ce sont de ? vrais ? clients qui go?tent aux spécialités cuisinés par les élèves. Les plats élaborés nous ont fait saliver mais malheureusement nous n’avons pas eu l’occasion d’y go?ter, dommage ! Dans l’ensemble la classe a apprécié la sortie.
Deux semaines plus tard, en janvier toujours. Nous nous rendons à la Cité des métiers, dans le 19e également. Ce n’est pas exactement comme la Cité des sciences et de l’industrie où tu joues avec l’eau et traverses des espaces scientifico-ludiques, ce que beaucoup de nous pensaient faire mais en version découverte des métiers, 14/16 ans. Là, nous montons d’un cran, fini la période poupée Barbie et Playmobil. Nous assistons à une conférence.
?a a ses avantages : nous sommes enfin assis au chaud. D’autres classes de 3e sont présentes. Une COP (Conseillère d’orientation psychologique) fera office d’animatrice. Des vidéos sont projetées, elles décrivent des métiers liés à l’h?tellerie – serveuse, sommelier, boulanger, boucher… ? Surtout pas un bruit, parce que si une classe gêne, elle est évacuée ?, a prévenu la prof avant d’entrer. La salle est comme ? éteinte ?, certains dorment carrément. Quand l’animatrice nous demande s’il y a des questions, c’est le calme plat…
Parmi les intervenants, il y a le directeur d’exploitation du restaurant Horeto de la Cité des Sciences ; une conseillère de P?le Emploi spécialisée en h?tellerie-restauration ; un boulanger-patissier ; un développeur de l’apprentissage CFA de la poissonnerie de Rungis ; un développeur de l’apprentissage CFA des métiers de viandes FBMV (Fédération de la boucherie et des métiers de la viande). Toute ma classe a trouvé la sortie ennuyeuse.
Bilan final : visiter un centre de formation, c’est bien plus marrant que d’assister à une conférence, pourtant les deux sorties portaient bien sur le même thème. Enfin bon, on verra bien ce que nous réserve la prochaine sortie !
Sarah Ichou
Précédents articles de Sarah sur la découverte des métiers :
montres ferrari
Thursday, April 14, 2011
Thursday, April 7, 2011
La journée sans immigrés - tous ensemble, tous ensemble, tous
Lundi, 1er mars 2010, pour tous les immigrés, ceux qui s’identifient comme tels, les enfants d’immigrés, les petits-enfants d’immigrés, en somme tous ceux qui s’associent de près ou de loin à l’histoire de l’immigration, ce devait être shabbat. Une journée ? noire ? : pas de travail, pas d’achats dans les magasins, un day off total, à l’instar du mouvement de protestation latino-américain de 2006 contre la politique d’immigration des Etats-Unis.
Pour cette première ? Journée sans immigrés ?, des centaines de personnes se sont mobilisées devant les mairies de plusieurs villes de France. A Paris, c’est devant l’H?tel-de-Ville qu’ont afflué des centaines de personnes (500 selon les organisateurs) de divers horizons, rassemblés autour d’une même idée : le refus de la stigmatisation de l’immigration. ? Le but est avant tout de démontrer l’apport économique de l’immigration ?, expliquent Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, deux des organisateurs du mouvement ? 24 heures sans nous ?.
Dès 12 heures, le rassemblement commence à prendre forme, une grande banderole tenue par de jeunes Italiens qui brandissent également des portraits d’immigrés célèbres donne le ton. La manifestation prend des airs de sitting étudiant jusqu’à l’arrivée en fanfare d’une foule scandant des slogans de solidarité pour les sans-papiers. Etudiants, cadres, responsables politiques, membres associatifs, ils sont venus marteler leur ? ras le bol ?, comme Thibault et Sarah, deux étudiants agés de 23 ans dont les parents sont respectivement originaires d’Espagne et de Hongrie.
? Nous sommes venus exprimer notre solidarité envers les populations immigrées, protester contre les expulsions, contre cette politique de stigmatisation mais également contre le populisme électoral ?, confie Thibault entre deux slogans pro-sans-papiers. Un stand dédié à la vente de t-shirts ? 24 heures sans nous ? rencontre beaucoup de succès, les gens qui l’achètent le revêtent immédiatement. Sur des notes de musique orientale jouée au rythme de l’oud, certains dégustent un verre de thé pendant que d’autres débattent sur les solutions possibles pour une meilleure image de l’immigration.
Car si ces personnes sont présentes aujourd’hui, c’est pour elles en raison d’un triste constat : celui des dérapages verbaux des politiques. C’est en effet à la suite des propos tenus par Brice Hortefeux au sujet de fameux Auvergnats que le collectif a décidé de mettre en place cette journée. La date choisie, le 1er mars, n’est pas anodine : ? Elle marque l’anniversaire de l’entrée en vigueur du CESEDA, Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, code qui a instauré une immigration choisie sur des critères économiques, entre autres ?, explique Nadir Dendoune.
Au c?ur de la foule, un jeune homme avec un drapeau européen. Pourquoi un tel drapeau ? ? Mon papa était un réfugié juif polonais, ma maman une réfugiée juive de Russie, j’ai trouvé que ce drapeau représentait bien mes origines telles que je les per?ois. Cela ne veut pas dire cependant que j’adhère à la politique telle qu’elle est menée aujourd’hui notamment par Baroso (le président de la Commission européenne, ndlr). Bien au contraire, la politique des frontières européenne me chagrine beaucoup, mais là, c’est le militant qui parle ?, témoigne Aleksander Glogowski, chargé de communication de 38 ans qui profite de sa pause déjeuner pour affirmer sa solidarité avec le mouvement.
C’est vers 14 heures que le rassemblement a pris fin. Nadir Dendoune se dit satisfait de la fa?on dont il s’est déroulé, même s’il est ? triste ? d’avoir d? en arriver là pour se faire entendre. ? L’aventure ne fait que commencer, veut croire Nadia Lamarkbi, nous espérons faire de cette journée un évènement annuel et européen. ?
Widad Kefti
Mario, le travail dans le sang
En 1981, Mario, 17 ans, arrive tout droit d’Egypte. Il loge chez son oncle à Nice, un homme aisé. Un jour, celui-ci lui ordonne de retourner en Egypte pour continuer ses études. Mais Mario décide plut?t de rejoindre ses amis de faculté installés à Paris. Il se rend compte qu’ils sont tous dans les milieux de la restauration et du batiment. Il commence un petit boulot de peintre en batiment mais cela ne lui pla?t pas. Il occupe ensuite, grace à un ami, un poste de commis barman. Et son avenir professionnel se trace petit à petit dans la restauration.
Il est ensuite aide cuisinier à la pizzeria Casa Nostra, Place d’Italie. Il y apprend le métier de cuisinier en restauration italienne. Il retourne en Egypte pour ses examens à la fac et revient à Paris pour cumuler les petits boulots. Une fois son dipl?me de lettres modernes en poche, il s’installe définitivement dans la capitale fran?aise. En 1994, il obtient la nationalité fran?aise et continue son activité dans la restauration. Il occupe le poste de pizzaiolo durant une dizaine d’année pour enfin être chef de cuisine et chef de rang.
Pas moins de trente-sept restaurants remplissent son curriculum vitae. Aujourd’hui, c’est à son tour d’être patron de restaurant italien. Il continue cependant à faire ses pizzas lui-même car ses mains le démangent et étant donné que son affaire n’a même pas un an, il ne peut se permettre d’avoir une armada d’employés. Il dispose néanmoins d’un chef cuisinier, et sa femme et sa fille l’aident en salle. Il a le travail dans le sang, une patience à toute épreuve et espère se sentir vraiment patron un jour, pouvoir superviser sans se tuer à la tache, et pourquoi pas ouvrir une voire plusieurs autres restaurants.
La journée sans immigrés d’hier s’est passée sans lui. Ce n’est pas l’envie qui lui manquait d’y participer, mais il ne peut se permettre de perdre une journée de revenus car il a un crédit à rembourser. Et ses clients fidèles seraient assez mécontents de voir leur resto du coin fermé.
Inès El Laboudy
Rachid : ? Ma vie est désormais ici ?
Rachid me re?oit chez lui au Mée-sur-Seine (77). Il est heureux de parler de sa réussite, qu’il estime due avant tout à ses efforts personnels. Né en 1955 à Alger, il décide de venir étudier le droit en France en 1977. Admis dans plusieurs universités de l’Hexagone, il pour Paris qu’il opte. S’ensuit un deug. Sans bourse ni aides, le jeune homme se décide à travailler en intérim, et jongle avec les cours du soir.
Mais le moment du choix s’impose, et l’heure n’est pas au luxe. Alors, Rachid se lance dans le monde du travail pendant cinq ans. Jusque-là, il était détenteur d’une carte de séjour étudiante, renouvelable tous les ans. Ces échéances annuelles l’inquiétaient. Sa carte serait-elle reconduite ? Il fait une pause dans son récit pour me parler du ? racisme omniprésent que subissaient les Maghrébins dans les années 70 ?. ? On ne pouvait pas riposter malgré la rage qui troue l’estomac, on avait peur de devoir repartir ?, raconte-t-il.
Rachid crée une première entreprise à Paris. Une première expérience pleine d’enseignements. Il comprend qu’il est fait pour le commerce. Il sent la bonne affaire, flaire le moment où il faut se retirer. En 2009, il en est à sa septième société dans le commerce des fruits et légumes. Il est ? content ? de participer à sa fa?on à ? l’économie de la France ?. ? Je travaille beaucoup, et en général ?a marche plut?t bien. C’est ma fa?on d’être utile. ?
Il est détenteur d’une carte de travail valable 10 ans. Il voudrait participer à la vie municipale, avoir le droit de vote au niveau communal, mais la chose est impossible sans naturalisation. Comme pour beaucoup d’immigrés de la première génération, la naturalisation fran?aise ne va pas de soi, même lorsqu’elle n’efface pas la nationalité d’origine : trop de souffrances rentrées, beaucoup de fierté aussi. Lui qui vit depuis 32 ans en France, avec sa femme et leurs trois enfants, aimerait s’investir plus dans la vie de la société.
? Ma vie est aujourd’hui ici, et j’en suis heureux. Je n’ai jamais envisagé le retour. Je suis redevable envers la France. Mon parcours est loin d’être idyllique, et il reste des paradoxes entre mes deux patries qui me tiraillent. Mais, je suis chanceux. Je n’ai pas, contrairement aux jeunes d’aujourd’hui, de problème d’identité entre plusieurs nations. ?
montres hublot
Pour cette première ? Journée sans immigrés ?, des centaines de personnes se sont mobilisées devant les mairies de plusieurs villes de France. A Paris, c’est devant l’H?tel-de-Ville qu’ont afflué des centaines de personnes (500 selon les organisateurs) de divers horizons, rassemblés autour d’une même idée : le refus de la stigmatisation de l’immigration. ? Le but est avant tout de démontrer l’apport économique de l’immigration ?, expliquent Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, deux des organisateurs du mouvement ? 24 heures sans nous ?.
Dès 12 heures, le rassemblement commence à prendre forme, une grande banderole tenue par de jeunes Italiens qui brandissent également des portraits d’immigrés célèbres donne le ton. La manifestation prend des airs de sitting étudiant jusqu’à l’arrivée en fanfare d’une foule scandant des slogans de solidarité pour les sans-papiers. Etudiants, cadres, responsables politiques, membres associatifs, ils sont venus marteler leur ? ras le bol ?, comme Thibault et Sarah, deux étudiants agés de 23 ans dont les parents sont respectivement originaires d’Espagne et de Hongrie.
? Nous sommes venus exprimer notre solidarité envers les populations immigrées, protester contre les expulsions, contre cette politique de stigmatisation mais également contre le populisme électoral ?, confie Thibault entre deux slogans pro-sans-papiers. Un stand dédié à la vente de t-shirts ? 24 heures sans nous ? rencontre beaucoup de succès, les gens qui l’achètent le revêtent immédiatement. Sur des notes de musique orientale jouée au rythme de l’oud, certains dégustent un verre de thé pendant que d’autres débattent sur les solutions possibles pour une meilleure image de l’immigration.
Car si ces personnes sont présentes aujourd’hui, c’est pour elles en raison d’un triste constat : celui des dérapages verbaux des politiques. C’est en effet à la suite des propos tenus par Brice Hortefeux au sujet de fameux Auvergnats que le collectif a décidé de mettre en place cette journée. La date choisie, le 1er mars, n’est pas anodine : ? Elle marque l’anniversaire de l’entrée en vigueur du CESEDA, Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, code qui a instauré une immigration choisie sur des critères économiques, entre autres ?, explique Nadir Dendoune.
Au c?ur de la foule, un jeune homme avec un drapeau européen. Pourquoi un tel drapeau ? ? Mon papa était un réfugié juif polonais, ma maman une réfugiée juive de Russie, j’ai trouvé que ce drapeau représentait bien mes origines telles que je les per?ois. Cela ne veut pas dire cependant que j’adhère à la politique telle qu’elle est menée aujourd’hui notamment par Baroso (le président de la Commission européenne, ndlr). Bien au contraire, la politique des frontières européenne me chagrine beaucoup, mais là, c’est le militant qui parle ?, témoigne Aleksander Glogowski, chargé de communication de 38 ans qui profite de sa pause déjeuner pour affirmer sa solidarité avec le mouvement.
C’est vers 14 heures que le rassemblement a pris fin. Nadir Dendoune se dit satisfait de la fa?on dont il s’est déroulé, même s’il est ? triste ? d’avoir d? en arriver là pour se faire entendre. ? L’aventure ne fait que commencer, veut croire Nadia Lamarkbi, nous espérons faire de cette journée un évènement annuel et européen. ?
Widad Kefti
Mario, le travail dans le sang
En 1981, Mario, 17 ans, arrive tout droit d’Egypte. Il loge chez son oncle à Nice, un homme aisé. Un jour, celui-ci lui ordonne de retourner en Egypte pour continuer ses études. Mais Mario décide plut?t de rejoindre ses amis de faculté installés à Paris. Il se rend compte qu’ils sont tous dans les milieux de la restauration et du batiment. Il commence un petit boulot de peintre en batiment mais cela ne lui pla?t pas. Il occupe ensuite, grace à un ami, un poste de commis barman. Et son avenir professionnel se trace petit à petit dans la restauration.
Il est ensuite aide cuisinier à la pizzeria Casa Nostra, Place d’Italie. Il y apprend le métier de cuisinier en restauration italienne. Il retourne en Egypte pour ses examens à la fac et revient à Paris pour cumuler les petits boulots. Une fois son dipl?me de lettres modernes en poche, il s’installe définitivement dans la capitale fran?aise. En 1994, il obtient la nationalité fran?aise et continue son activité dans la restauration. Il occupe le poste de pizzaiolo durant une dizaine d’année pour enfin être chef de cuisine et chef de rang.
Pas moins de trente-sept restaurants remplissent son curriculum vitae. Aujourd’hui, c’est à son tour d’être patron de restaurant italien. Il continue cependant à faire ses pizzas lui-même car ses mains le démangent et étant donné que son affaire n’a même pas un an, il ne peut se permettre d’avoir une armada d’employés. Il dispose néanmoins d’un chef cuisinier, et sa femme et sa fille l’aident en salle. Il a le travail dans le sang, une patience à toute épreuve et espère se sentir vraiment patron un jour, pouvoir superviser sans se tuer à la tache, et pourquoi pas ouvrir une voire plusieurs autres restaurants.
La journée sans immigrés d’hier s’est passée sans lui. Ce n’est pas l’envie qui lui manquait d’y participer, mais il ne peut se permettre de perdre une journée de revenus car il a un crédit à rembourser. Et ses clients fidèles seraient assez mécontents de voir leur resto du coin fermé.
Inès El Laboudy
Rachid : ? Ma vie est désormais ici ?
Rachid me re?oit chez lui au Mée-sur-Seine (77). Il est heureux de parler de sa réussite, qu’il estime due avant tout à ses efforts personnels. Né en 1955 à Alger, il décide de venir étudier le droit en France en 1977. Admis dans plusieurs universités de l’Hexagone, il pour Paris qu’il opte. S’ensuit un deug. Sans bourse ni aides, le jeune homme se décide à travailler en intérim, et jongle avec les cours du soir.
Mais le moment du choix s’impose, et l’heure n’est pas au luxe. Alors, Rachid se lance dans le monde du travail pendant cinq ans. Jusque-là, il était détenteur d’une carte de séjour étudiante, renouvelable tous les ans. Ces échéances annuelles l’inquiétaient. Sa carte serait-elle reconduite ? Il fait une pause dans son récit pour me parler du ? racisme omniprésent que subissaient les Maghrébins dans les années 70 ?. ? On ne pouvait pas riposter malgré la rage qui troue l’estomac, on avait peur de devoir repartir ?, raconte-t-il.
Rachid crée une première entreprise à Paris. Une première expérience pleine d’enseignements. Il comprend qu’il est fait pour le commerce. Il sent la bonne affaire, flaire le moment où il faut se retirer. En 2009, il en est à sa septième société dans le commerce des fruits et légumes. Il est ? content ? de participer à sa fa?on à ? l’économie de la France ?. ? Je travaille beaucoup, et en général ?a marche plut?t bien. C’est ma fa?on d’être utile. ?
Il est détenteur d’une carte de travail valable 10 ans. Il voudrait participer à la vie municipale, avoir le droit de vote au niveau communal, mais la chose est impossible sans naturalisation. Comme pour beaucoup d’immigrés de la première génération, la naturalisation fran?aise ne va pas de soi, même lorsqu’elle n’efface pas la nationalité d’origine : trop de souffrances rentrées, beaucoup de fierté aussi. Lui qui vit depuis 32 ans en France, avec sa femme et leurs trois enfants, aimerait s’investir plus dans la vie de la société.
? Ma vie est aujourd’hui ici, et j’en suis heureux. Je n’ai jamais envisagé le retour. Je suis redevable envers la France. Mon parcours est loin d’être idyllique, et il reste des paradoxes entre mes deux patries qui me tiraillent. Mais, je suis chanceux. Je n’ai pas, contrairement aux jeunes d’aujourd’hui, de problème d’identité entre plusieurs nations. ?
montres hublot
Friday, April 1, 2011
Book-pockets
Nadia a acheté deux ouvrages d’Habib Ayoub ? L’homme qui n’existait pas ? et ? Le désert et après ? et une nouvelle de Le?la Sebbar ? La Blanche et la Noire ?.
Rachid a opté pour deux romans : ? Chercheur d’os ? de Tahar Djaout et ? Le Fils du pauvre ? de Mouloud Feraoun.
Yasmina a fait le plein. Son sac déborde d’ouvrages. Elle a acheté ? Le village de l’Allemand ? de Boualem Sansal, ? A mon age je me cache encore pour fumer ? de Rayhana, deux ouvrages d’Amin Zaoui ? La chambre de la vierge impure ? et ? Le sommeil du mimosa ?, ? Vaste est la prison ? et ? Ombre sultane ? d’Assia Djebar et ? Fatima ou les Algériennes au square ? de Le?la Sebbar.
Jean-Pierre a choisi quant à lui le ? Dictionnaire de la révolution algérienne ? d’Achour Cheurfi.
Rabia a dévalisé les rayons et a acheté des livres avec le même fil conducteur, sa ville natale, Constantine.
Dans son sac : ? La ville imprenable ? d’Isabelle Grangaud, ? Constantine, une ville, des héritages ? sous la direction de F.Z Guechi, ? Constantine et ses romanciers ? de Nedjma Benachour, ? La brêche et le rempart ? de Badreddine Mili.
Elle s’est offert en plus ? Le quatuor algérien ? de Yasmina Khadra, ? Nedjma ? de Kateb Yacine, ? Idées re?ues sur l’Algérie ? de Georges Morin. Notre mordue de littérature s’est aussi laissée séduire par les BD de Gyps ? Fis End Love ?, ? L’Algérie c’est comme ?a ? et ? Algé-rien ?.
Khalifa quant à lui a acheté trois ouvrages : ? Les Officiers de Sa Majesté ? de Mahdjoub Tobji, ? Adolfo Kaminsky ? de Sarah Kaminsky et ? Chevaux et cavaliers arabes ?.
Widad s’est aussi laissée séduire. Elle a acheté ? Les coloniaux ? d’Aziz Chouaki et ? Pierre sang papier ou cendres ? de Ma?ssa Bey. Séduite par la BD de Gyps, elle s’est offert pas moins de trois volumes. Et dédicacés s’il vous pla?t…
Rayons X réalisé par Widad Ketfi et Fa?za Zerouala
breitling
Rachid a opté pour deux romans : ? Chercheur d’os ? de Tahar Djaout et ? Le Fils du pauvre ? de Mouloud Feraoun.
Yasmina a fait le plein. Son sac déborde d’ouvrages. Elle a acheté ? Le village de l’Allemand ? de Boualem Sansal, ? A mon age je me cache encore pour fumer ? de Rayhana, deux ouvrages d’Amin Zaoui ? La chambre de la vierge impure ? et ? Le sommeil du mimosa ?, ? Vaste est la prison ? et ? Ombre sultane ? d’Assia Djebar et ? Fatima ou les Algériennes au square ? de Le?la Sebbar.
Jean-Pierre a choisi quant à lui le ? Dictionnaire de la révolution algérienne ? d’Achour Cheurfi.
Rabia a dévalisé les rayons et a acheté des livres avec le même fil conducteur, sa ville natale, Constantine.
Dans son sac : ? La ville imprenable ? d’Isabelle Grangaud, ? Constantine, une ville, des héritages ? sous la direction de F.Z Guechi, ? Constantine et ses romanciers ? de Nedjma Benachour, ? La brêche et le rempart ? de Badreddine Mili.
Elle s’est offert en plus ? Le quatuor algérien ? de Yasmina Khadra, ? Nedjma ? de Kateb Yacine, ? Idées re?ues sur l’Algérie ? de Georges Morin. Notre mordue de littérature s’est aussi laissée séduire par les BD de Gyps ? Fis End Love ?, ? L’Algérie c’est comme ?a ? et ? Algé-rien ?.
Khalifa quant à lui a acheté trois ouvrages : ? Les Officiers de Sa Majesté ? de Mahdjoub Tobji, ? Adolfo Kaminsky ? de Sarah Kaminsky et ? Chevaux et cavaliers arabes ?.
Widad s’est aussi laissée séduire. Elle a acheté ? Les coloniaux ? d’Aziz Chouaki et ? Pierre sang papier ou cendres ? de Ma?ssa Bey. Séduite par la BD de Gyps, elle s’est offert pas moins de trois volumes. Et dédicacés s’il vous pla?t…
Rayons X réalisé par Widad Ketfi et Fa?za Zerouala
breitling
Saturday, March 26, 2011
« Il ne faut pas imposer la mémoire commune, mais la revendiquer ! »
Todorov est comme un demi-dieu en terrain non conquis. Inconnu pour la plupart des élèves, il est connu des professeurs qui n’ont pas pu participer à la conférence. Il est là ? pour que les élèves ne s’empêchent pas de parler?? dit Sophie Mazet, professeur d’anglais et d’autodéfense intellectuelle. Tous les jeudis, elle donne ses cours à ceux qui veulent bien l’écouter et participer. A ceux de l’atelier Sciences Po et aux autres. C’est un succès. ? Ce que je propose est une méthodologie relativement simple et efficace, une bo?te à outils, à utiliser chaque fois que vous recevrez de l’information ou ce qui voudrait bien passer pour de l’information. Nous travaillons principalement sur la presse, la publicité, les discours politiques, les images?? explique-t-elle sur son blog.
Et puis, il y a des mots qui sont tombés, un soir. Devant ses élèves, un jeudi, elle a dit ? identité?? et ? multiculturalisme??. Les sourcils se sont froncés, on n’a pas tout compris. Voyons grand, elle a fait venir Tzvetan Todorov, historien et philosophe, connu ses décryptages de débats sur l’immigration notamment. Et il est là aujourd’hui ! Et eux aussi, au rendez vous. Ils sont 80 à entrer dans la salle. Ils s’installent. Une chaise a été posée, mais Todorov s’assoit sur une table. Face à eux. ? Merci d’être venus discuter??.
La porte s’ouvre, un groupe de retardataires entre. ? Je vais vous parler d’identité nationale ?. La porte s’ouvre, un groupe entre. Il n’y a plus de places, les derniers s’assoient par terre. ? J’étais hostile à ce débat, continue Todorov, imperturbable. Mais ce qui est intéressant, c’est de savoir pourquoi??. Il expose sa vision des choses. La porte s’ouvre. ? Il n’y a pas qu’une culture fran?aise parce que chacun a une identité culturelle différente, suivant l’age, le sexe, la communauté …??. A nous voir, on ne peut pas le contredire. Todorov encha?ne, en espérant que tout le monde suivra : ? Mais une société doit encourager ses habitants à avoir une langue commune, parce que sinon c’est un handicap. Il faut aussi avoir une part de la mémoire commune??.
A l’écouter, on pourrait croire qu’il reprend les premiers arguments de Sarkozy puis Besson, quand le ministère de l’Identité Nationale a ouvert ses portes (avant de les refermer il y a peu), mais Tzvetan Todorov temporise : ? Il ne faut pas imposer la mémoire commune, mais davantage la revendiquer !??. Il jette un coup d’oeil à sa montre. ?a passe si vite. ? Maintenant, je vous écoute ?. Il est venu ici pour écouter, rien d’autre. Ecouter des mots, des maux, des phrases, des témoignages. Rapidement, le débat prend de nouvelles tournures. On parle des émeutes de 2005 : ? Qu’est ce que cela révèle ??? lance Todorov. Hugo, provoquant ou ignorant (on hésite encore), dit qu’ils ? br?lent des bus parce qu’ils ont du mal à se les approprier??. On comprend pas bien. Reprise de volée d’une camarade : ? ?a exprime plut?t un malaise profond??. Balle au centre.
Une jeune fille témoigne : ? Je suis d’origine antillaise, mais je ne me sens ni proche des jeunes antillais, ni proches des lycéens de mon age qui étudient à Henri IV??. Passement de jambe et sortie de terrain. L’une compare les Révolutions fran?aise, mai 68 et les émeutes. Hugo bourine d’un : ? C’était pas une Révolution, c’était br?ler la voiture de son voisin et se pénaliser soi-même??. Todorov recadre le jeu. Il balance dans l’arène les mots Acculturation (? être transporté dans une culture étrangère qu’on acquiert??) et Deculturation (? perdre une culture sans en acquérir aucune autre ?). Les émeutes partiraient donc de là, d’un bloquage culturel. ? Et dans ce cas, il vous reste seulement les bandes et les groupes??.
On en revient à la langue, au langage si important pour le philosophe. ? Si on sait bien injurier quelqu’un, on ne le frappe pas??. Et de continuer : ? D’ailleurs, ils se sont fait entendre, c’est comme Vu à la télé. Mais les a-t-on compris ???. Le jeu est relancé. Sans gardiens, sans arbitre. ? Je pense que ce n’est pas l’identité communautaire, mais plut?t l’identité du pauvre en général?? happe une jeune fille. Un gar?on, au fond, tire sans viseur : ? Mais certaines communautés s’opposent à l’identité fran?aise, sans même faire le pas??. Un autre conclut brièvement : ? Il y a toujours eu des groupes à part, comme les jeunes au Moyen Age ou même les Apaches??.
Deux heures de jeu, avec prolongations. Les joueurs ne sont toujours essoufflés, Todorov non plus. Une lycéenne lance : ? Moi, j’aime la blanquette de veau et y’a des fran?ais qui aiment le couscous??. Derniers mots, dernière passe. Todorov se réjouit. ? Il n’y a pas eu qu’une réponse !??. ?a fusait, ?a partait. Débat ouvert. ?a cognait, parfois. Sophie Mazet n’a pas parlé, juste écouté. Elle a sourit, aussi. Puis s’est finalement rassurée, ?a s’est bien passé. Ses élèves passionnés face à un philosophe, elle n’espérait pas mieux. Du coup, la prochaine fois, c’est Caroline Fourest qui débarquera. Y parait que le match durera trois jours …
Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah
montre patek philippe
Saturday, March 19, 2011
Un coup d’oeil dans le rétro ou dans la caméra de recul
Déjà présente sur quelques automobiles premium, la caméra de recul tendrait donc à se généraliser et à devenir obligatoire sur toutes les automobiles vendues outre-Atlantique à l’orée 2014/2015.
La loi obligeant la présence de cet équipement de sécurité embarqué va aller crescendo. En 2012, 10 % des véhicules commercialisés disposeront de cette caméra de recul contre 30 % l’année suivante? et donc, en 2014/2015, l’intégralité des quatre roues vendues.
La NHTSA et le département américain des transports évaluent à 292 morts et 18 000 blessés les victimes annuelles d’accidents en marche arrière. Logiquement avec la présence d’un équipement comme celui-ci, la facture pour le client devrait être plus salée à l’achat. Prochainement en Europe ou en France ?
montres ferrari
Thursday, March 10, 2011
L’ipad 2 aux coeurs de l’intrigue
Ces derniers jours, on a pu voir des photos de prétendues coques de protection pour iPad 2 laissant appara?tre un trou pour une caméra au dos. Et désormais, la rumeur concerne l’intégration d’un microprocesseur double coeur.
Le microprocesseur actuel de l’iPad, le A4, qui est basé sur une achitecture ARM Cortex A8, n’est plus l’état de l’art aujourd’hui. Il sera d’autant plus dépassé que de nombreuses tablettes à sortir seront pourvues de dual core (Tegra 2 pour certaines…).
Concernant l’iPad 2, il pourrait s’agir d’un Cortex A9 Dual Core. Il embo?terait ainsi le pas au PlayBook de RIM qui disposera de ce microprocesseur tout comme, vraisemblablement, la tablette de Motorola qui doit être annoncée au CES 2011 (début janvier). La même source parle d’une sortie probable en mars 2011 et d’un nouvel iPhone (ie iPhone 5) durant l’été 2011.
Il s’agit bien entendu de rumeurs, mais dans la mesure où elles proviennent de la société d’analystes Rodman & Renshaw, on peut y prêter quelque attention. Par ailleurs, le Cortex A9 double coeur semble logique lorsqu’on y réfléchit si Apple ne veut pas perdre son avance sur ses concurrents. On pourrait d’ailleurs parier également sur 512Mb ou même 1Gb de RAM pour la prochaine version sans prendre non plus de grands risques.
Finalement, la question qui reste en suspens concerne l’écran de cet iPad 2: Retina Display sur une version 9.7″ (sans doute trop onéreux pour que le prix de l’iPad 2 ne grimpe pas en flèche)?
montre patek philippe
Friday, March 4, 2011
Le manga Death Note adapté au cinéma
Le manga de Tsugumi Ohba va en effet être adapté au cinéma et on apprend que c’est Shane Black qui a été choisi pour le réaliser. D’abord acteur (il a notamment joué dans Predator), il a ensuite écrit des scénarii (L’arme fatale 1 et 2, Last Action Hero…), produit et réalisé des films (Kiss Kiss Bang Bang).
L’histoire sera adaptée du manga par Anthony Bagarozzi et Charles Mondry. On sait juste que le scénario reprendra l’histoire de l’étudiant Light Yagami qui découvre le Death Note abandonné sur Terre par le Dieu de la mort Ryuk. Rappelons que Death Note a déjà été adapté dans une série japonaise de films en 2006. Mais les films ne sont pas vraiment sortis de l’Archipel. Ils sont toutefois disponibles en dvd. On notera par ailleurs que les adaptations de mangas au cinéma sont rarement une réussite.
Que pensez-vous d’une adaptation américaine d’un manga tel que Death Note? Est-elle capable de ne pas travestir l’essence même du manga? On sait par exemple qu’Akira va être adapté au cinéma mais que l’histoire ne se déroulera plus à Tokyo mais à Manhattan. C’est déjà un handicap puisque Tokyo est un élément essentiel dans Akira.
chopard
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